Amis de Soultz

Présentation générale du thème de l’exposition 2010

d’Anthès, une dynastie de maîtres de forge

Le nom de la famille d’Anthès est bien connu dans la région grâce à l’un de ses membres qui,  mêlé au XIXe siècle à un dramatique fait divers, tua le poète russe Pouchkine au cours d’un duel.

Et pourtant, de la fin du XVIIe siècle jusqu’à la Révolution, la famille s’était acquise des titres de notoriété autrement importants et honorables, quand ses membres se distinguaient en Alsace comme maîtres de forge, exploitants de mines, fermiers généraux des domaines alsaciens des ducs de Mazarin, membres du Conseil souverain d’Alsace, cumulant parfois toutes ces fonctions, récoltant un jour l’anoblissement pour services rendus au royaume de France, et faisant montre d’initiatives dans bien d’autres domaines.

 

Une famille de pionniers, aux débuts de l’industrialisation en Alsace

Philippe-Michel Anthès était venu de Weinheim en Palatinat où son père était tanneur, pour entrer dans la société des mines de Giromagny, puis celle des forges de Belfort et enfin prendre à son compte la direction des forges d’Oberbruck. Il relança l’exploitation des mines de Steinbach. Il fut aussi fermier général des domaines que possédait le duc Armand-Charles de Mazarin en Alsace.

Son fils Henri lui succéda dans toutes ces fonctions et étendit encore le champ des activités familiales avec un dynamisme et un esprit d’entreprise remarquables. En 1720 Il créa et dirigea la manufacture royale de fer-blanc de Wegscheid, la seule du royaume de France à ce moment-là, avec un magasin à Besançon. Dix ans plus tard, il créa la manufacture d’amres blanches du Klingenthal, la première du royaume. Louis XV l’anoblit alors. Avec un associé, il exploita les forges de Grandvillars et la tréfilerie de Morvillars. Il dirigea aussi les mines du Ban de la Roche et les forges de Rothau pour le compte de l’ancien intendant d’Alsace Nicolas d’Angervilliers. La fortune issue de sa fulgurante ascension sociale lui permit d’acheter de nombreux domaines, dont les seigneuries de Blotzheim et de Brinckheim ainsi que les biens des comtes Fugger dans le Val de Villé.

Quand il mourut en 1733, Henri d’Anthès était à la tête du plus grand ensemble sidérurgique que l’Alsace ait connu jusqu’alors, bien avant les Dietrich. Sa veuve Catherine reprit plusieurs de ses affaires.

 

Catherine Sitter, fille de paysans de Heimsbrunn, était une femme de trempe exceptionnelle. Elle dirigea personnellement la forge d’Oberbruck, la manufacture de fer-blanc de Wegscheid, ainsi que l’exploitation des mines de la vallée de Masevaux et de Bessoncourt. Elle poursuivit le bail de la ferme générale avec son fils aîné Jean-Philippe. Puis elle agrandit le patrimoine familial avec des acquisitions en Bourgogne. Elle acheta d’abord, pour son propre compte, la baronnie de Longepierre et les terres de La Villeneuve, puis, avec son fils Jean-Philippe, le marquisat de Villecomte avec ses forges et la seigneurie de Vernot. Dès lors, voilà les d’Anthès maîtres de forge à Villecomte où ils s’associèrent aussi à la forge du proche village de Diénay.

 

Après avoir vendu ses parts dans la manufacture d’armes blanches du Klingenthal, Jean-Philippe d’Anthès entra dans la société des mines et forges du Val-Saint-Amarin, exploita les mines de Murbach et de Lautenbach et acheta la seigneurie de Nambsheim. C’est Jean-Philippe encore qui prit une nouvelle orientation familiale : l’achat d’offices. Grâce à sa formation en droit à l’Université de Strasbourg, il put devenir membre du Conseil souverain d’Alsace où son fils François-Henri le suivit. François-Henri d’Anthès quitta l’Alsace pour se rendre en Bourgogne. À Dijon il entra au Parlement de Bourgogne et en devint président.

Le deuxième fils de Jean-Philippe d’Anthès, François-Philippe, après avoir poursuivi les activités industrielles de son père, abandonna progressivement mines et forges pour se consacrer à la finance. Il acheta la seigneurie d’Aprey, aux confins de la Bourgogne et de la Champagne. Après, avec sa verrerie, sa tuilerie et sa faïencerie de renommée internationale.

 

Le tableau serait incomplet si l’on ne mentionnait Philippe-Jacques Anthès, un neveu d’Henri d’Anthès. Il participa à l’introduction de l’indiennage à Mulhouse : en 1754, il avait créé la société « Anthès Feer et Cie », l’une des trois premières manufactures d’indiennes de la ville.

 

Voilà la saga que se propose d’illustrer la société d’histoire « Les Amis de Soultz », en association avec la Ville de Soultz.

Soultz, précisément, où Henri d’Anthès avait acheté en 1707 une grande maison bourgeoise, maison qui fut la demeure de ses descendants jusqu’en 1978, devenue depuis l’hôtel-restaurant « Château d’Anthès ».

Edouard Rouby

 


 

 

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